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Nos PME ont une belle carte à jouer à l’international !

interview de Pierre-Antoine Gailly

   

Questions à... Pierre-Antoine Gailly, Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Président de l'Union des chambres de commerce et d'industrie françaises à l'étranger (UCCIFE)

Pierre-Antoine Gailly est né le 15 avril 1955 à Charleville (Ardennes). Diplômé d’HEC (1975), il est Chevalier de la Légion d’honneur. Son parcours professionnel l’a conduit à gérer plusieurs entreprises de différentes tailles à Paris et en région : SCAC Matériaux, Miro Meccano SA, Jeux Nathan SA, Poron Diffusion. Pierre-Antoine Gailly a, ensuite, rejoint le Groupe Arnault-LVMH, où il a assuré les fonctions de Président directeur général du Bon Marché (1993-1994) puis de Desfossés International (1995-1996), avant de rejoindre Fininfo SA (Services électroniques d’information financière) dont il a été le Vice-président directeur général jusqu’en 1998.

Pierre-Antoine Gailly est actuellement Président de l’Éolienne SAS (conseil et private equity), une entreprise qu’il a créée en 2000 et Président du conseil de surveillance du Lido, après avoir été, de 1998 à 2005, le Président du directoire du Moulin rouge (le Bal du Moulin Rouge SA).

Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) depuis janvier 2011, il est également Président de l’Union des Chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger (UCCIFE), Vice-Président de l’Assemblée des Chambres françaises de commerce et d’industrie (ACFCI) et Premier Vice-Président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France (CRCI-Paris Île-de-France).

Les prévisions de croissance de la France pour 2012 viennent d’être revues à la baisse, à 1,4 % par le FMI,à 1 % par le Président de la République. Le « salut des PME » viendra-t-il de l’international ?

"La faiblesse de la croissance française, appelée à durer plusieurs années, constitue, en effet, un argument de poids pour convaincre les chefs d’entreprises de se lancer à l’international. Trop souvent encore, hélas, nos PME ont du mal à franchir le pas… Et les raisons avancées sont pléthores : manque d’informations sur la réalité des risques, sur les opportunités de marché, sur les réglementations liées à l’import/export ou les aides auxquelles elles pourraient prétendre, insuffisance de moyens - financiers et humains - connaissances linguistiques et culturelles insuffisantes, etc.

Les difficultés économiques actuelles de la France et les maigres perspectives d’activité qui en découlent pour nos entreprises pourraient donc les inciter à envisager un développement international ; aux acteurs de l’équipe de France de l’export, et notamment aux chambres de commerce et d’industrie à les accompagner au mieux sur cette voie !

Dans nombre de secteurs, tels que le luxe, l’agroalimentaire, l’aéronautique, la pharmacie, les TIC, le design, etc., les entreprises françaises ont des atouts et un savoir-faire reconnus dans le monde entier. C’est une force ! La CCIP a ainsi décidé de soutenir tout particulièrement des filières comme « mode-luxe-design », «santé-cosmétique-biotechnologies » ou encore « aéronautique-spatial », qui représentent près d’un tiers des exportations de la région Île-de-France ; ses actions à l’international sont également largement dédiées aux entreprises dont l’activité est liée aux technologies de l’information et de la communication, ainsi qu’aux éco-industries.

Dans tous ces secteurs, des PME et des ETI performantes réussissent aux côtés des grands groupes : l’international n’est pas le pré-carré des grandes entreprises ! Nos PME ont aussi une belle carte à jouer : leur souplesse et leur réactivité sont des atouts de taille ; elles ont des produits ou des process innovants à proposer, des services à valeur ajoutée à offrir. Certains entrepreneurs, désormais couramment dénommés « born global », intègrent même l’international dès le démarrage de leur activité. Peut-être seraient-ils plus nombreux s’ils disposaient des mêmes facilités que les grands contrats (réseau diplomatique français, accès aux marchés publics étrangers, financements, etc.) ?”.

Quelles destinations les PME auraient-elles intérêt à privilégier en cette période agitée ? Peut-on encore distinguer marchés proches et marchés lointains ?

"Les entreprises en général - et les PME en particulier - sont forcément à la recherche de zones « sûres ». Mais existent-elles vraiment ? La proximité d’une destination la rend-elle plus « sure » ? Difficile aujourd’hui de répondre par l’affirmative puisque même les pays voisins, même les économies développées connaissent des difficultés…

Faut-il alors tout miser sur les grands émergents ? Comment ne pas tomber dans le piège des destinations « à la mode » ? Autant de questions qui confortent l’idée que la stratégie d’internationalisation doit être mûrement réfléchie :
- déterminer les marchés adaptés à ses produits et services, en fonction de la concurrence, de la demande, des circuits de distribution existants, etc.,
- trouver le bon équilibre entre une trop grande diversité de destinations - qui risquerait de conduire à des pertes de temps et d’énergie - et une concentration massive de ses moyens sur une seule destination qui risque de fragiliser l’entreprise, - adapter le nombre de pays prospectés à la taille de son entreprise : il n’est pas donné à tous de réussir sur deux marchés à la fois.

Attention également au leurre que peut représenter un taux de croissance à deux chiffres : cela ne préjuge en rien, par exemple, de l’état de l’environnement des affaires du pays concerné ; certaines destinations, moins médiatisées, moins dynamiques, peuvent ainsi offrir des opportunités d’affaires tout aussi intéressantes. De même, dans un pays qui dispose d’un arsenal législatif équivalent à celui des pays industrialisés, la réalité peut se révéler décevante si les textes ne sont pas appliqués dans la pratique.

L’on pourrait multiplier les mises en garde : l’international est, certes, une aubaine, mais l’internationalisation ne s’improvise pas ! Il est indispensable de prendre le temps de penser sa stratégie avant de la mettre en oeuvre afin de minimiser les risques d’échec, une démarche qu’accompagnent chaque jour les membres de l’équipe de France à l’export et, parmi eux, notamment, les chambres de commerce et d’industrie, fortes de leur proximité des entreprises”.

Justement, concernant les risques : comment convaincre les PME de la nécessité de se développer au-delà des frontières ?

"Cette période agitée à laquelle vous faisiez allusion peut, forcément, inciter certains patrons de PME à la prudence, voire à l’attentisme. Mais je refuse le terme de « frilosité » trop souvent utilisé à l’encontre de nos entreprises !

Le risque fait partie intégrante du métier de chef d’entreprise ; l’entrepreneur vit dans un monde de risque, sans même franchir les frontières : il n’a donc pas d’aversion au risque a priori ! Il apprend à les anticiper, à les gérer. La tâche est bien entendu plus difficile lorsqu’il s’agit de développer ses activités à l’étranger… mais elle n’est pas insurmontable.

On aurait tort de dire que le monde est plus risqué aujourd’hui qu’il y a une quinzaine d’année, simplement en se basant sur les évènements récents en Méditerranée ou au Japon : aurait-on oublié les crises sanitaires et la menace terroriste des années 2000 ? Chaque période a ses risques ; ils ne sont ni plus nombreux ni plus importants, juste plus visibles parce que plus médiatisés. Là est sans doute la vraie différence. Alors aujourd’hui comme hier, parce que le risque est inhérent à l’export, mieux vaut ne pas se lancer à l’international en solitaire mais s’entourer d’experts afin de disposer d’un accompagnement de qualité”.

Les entreprises ont donc tout intérêt de recourir aux services de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris - et des chambres de commerce plus globalement ?

" Oui, les chambres de commerce et d’industrie sont un partenaire naturel des PME : elles sont d’ailleurs citées par 37 % des entreprises interrogées par TNS Sofres en juin dernier comme étant les organismes contactés pour les questions liées à l’export.

La CCIP se positionne ainsi comme un acteur incontournable du développement international des PME d’Île-de-France, à qui elle propose des solutions pour palier leur petite taille et leurs moyens (financiers et humains) limités :
- un service de proximité grâce à ses conseillers des délégations de Paris, des Hautsde-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne,
- l’expertise de ses conseillers de la Direction des actions et de la coopération internationales, spécialisés par filières et zones géographiques,
- un éventail de produits et services lui permettant de couvrir l’ensemble du process d’internationalisation de l’entreprise : information, conseils, formation, formalités à l’exportation, recherche de partenaires, accompagnement dans la durée, etc.
- un réseau de partenaires à l’étranger, grâce à ses bureaux (Chine, Algérie, Russie, Inde), à ses écoles (Liban, Afrique du Sud, Algérie, Vietnam, Japon), à sa coopération avec les chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger et avec les bureaux d’Ubifrance.
- des solutions pour développer échanges et coopération entre entreprises, trouver des partenaires, à travers ses « Cercles pays », sa participation au réseau Enterprise Europe Network ou sa collaboration avec les pôles de compétitivité d’Île-de-France”.

En quoi les chambres de commerce françaises à l’étranger peuvent-elles être complémentaires de l’action de la CCIP ?

" Il est vrai que les chambres de commerce françaises à l’étranger sont de nature différente des chambres de commerce et d’industrie de France : ces dernières sont des institutions publiques représentant et servant nos entreprises, tandis qu’une chambre de commerce française à l’étranger est une association privée de droit local, créée par les entreprises françaises installées dans le pays concerné pour partager leurs expériences et développer leurs activités.

Mais pour celles qui en font le choix, et elles sont plus d’une cinquantaine, l’appui qu’elles proposent aux PME françaises est tout à fait complémentaire de celui des chambres de commerce et d’industrie de France. Il s’agit d’un véritable prolongement des actions menées sur le territoire par la CCIP ou ses homologues : l’accompagnement des PME se poursuit ainsi au-delà des frontières et s’inscrit dans la durée grâce à ces « Communautés d’affaires franco-étrangères » que sont, à l’origine, les chambres de commerce françaises à l’étranger.

Quatre gammes de services sont ainsi proposées sur place : l’information et le conseil, la prospection et la recherche de partenaires, l’implantation sur le marché (service de domiciliation de l’entreprise, hébergement et coaching d’un VIE, recrutement et gestion des ressources humaines, création d’uns structure locale, etc.) et une assistance à la communication-promotion des produits de l’entreprise”.

Les chambres de commerce et d’industrie en France sont de grands acteurs de la formation. Est-ce que ce volet des activités de la CCIP peut concerner les PME ?

"Naturellement ! L’accompagnement des PME par la CCIP passe aussi par la prise en compte de leurs préoccupations en termes de formation : comment réussir à l’international si l’on ne dispose pas des compétences nécessaires au sein même de l’entreprise ?

Toutes nos écoles intègrent une dimension internationale ; c’est le cas, par exemple, de Novancia, issue de la fusion d’Advancia et de Négocia, deux écoles respectivement dédiées à l’entrepreneuriat et au commerce, dont l’inauguration a eu lieu début novembre. Nous disposons également d’un réseau d’écoles à l’étranger, comme mentionné précédemment : cinq écoles qui permettent de former des étudiants étrangers susceptibles de devenir des collaborateurs de premier choix pour une PME française qui projette de se développer dans le pays concerné : Liban, Afrique du Sud, Algérie, Vietnam, Japon.

L’appui en termes d’éducation passe également par des programmes de formation de managers, en Russie et en Afrique du Sud, managers qu’un chef d’entreprise française déjà installé à l’étranger ou cherchant des contacts d'affaires peut accueillir au sein de son entreprise.

Enfin, un programme de formation continue, dont les thématiques et l’approche opérationnelle répondent aux besoins des responsables de PME et de leurs collaborateurs, est dispensé par la Direction des actions et de la coopération internationales de la CCIP. Sont concernées l’ensemble des techniques du commerce international (transport, logistique, douanes, fiscalité, techniques et garanties de paiement) et, dès 2012, les questions relatives à l’interculturalité, afin de donner aux PME toutes leurs chances de réussite dans ce monde global”.

Mis à jour le 06/04/2012
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