Bulletin de santé des entreprises en France et en Île-de-France

Les chiffres de l'Observatoire consulaire des entreprises en difficulté (OCED) établis au 1er mars 2020 en France et en Île-de-France

 

« Un avant-confinement dans le creux de la vague... ! »

Le nombre des ouvertures de procédures chutait tant au plan national (- 10 %, en glissement annuel au 1er mars 2020) qu’en Île-de-France 
(- 8 % en glissement annuel au 1er mars 2020). 
Cette tendance qui sera accentuée au cours des prochains mois, du fait de l’arrêt de l’activité des tribunaux à compter du 17 mars 2020, pourrait s’inverser dès fin juin. 

Plus précisément :

  • Au plan national, les ouvertures de procédures se situaient à 23 % en dessous de leur niveau de 1993 et 23 % sous celui de 2009. Elles étaient à leur niveau de début 2007. 
  • En Île-de-France, traduisant la spécificité de la région, ces ouvertures s'établissaient à près de 33 % en dessous du pic historique de 1993 ; elles étaient aussi inférieures au palier atteint en 2009 (de 12 points).  

 

Évolution des défaillances en France et en Île-de-France depuis janvier 1998

(Sur 12 mois glissants, Base 100 : décembre 1993)

D’un point de vue général, avant le début du confinement, on constatait en Île-de-France une diminution des ouvertures des procédures tant amiables que judiciaires.
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte de crise sanitaire mondiale, accompagnée de fortes incertitudes, dans lequel l’économie française est plongée dans un coma artificiel et où toutes les prévisions macroéconomiques sont affectées et sans cesse révisées.
Facteurs défavorables : 
aggravation du déficit public ; effondrement historique du PIB ; écroulement des exportations ; activité économique divisée par 2 ; climat des affaires en chute libre dans tous les secteurs ; opinion des chefs d’entreprise sur les perspectives d’activité au plus bas ; nette dégradation des perspectives du marché du travail ; baisse de 80 % des transactions liées au commerce physique ; augmentation des prix à la consommation ; forte hausse de la crainte des ménages sur la situation économique future ; fort ralentissement des embauches ; 10 millions de salariés du privé en activité partielle ; accroissement du chômage …
Mais, quelques éléments positifs : très léger regain d’activité dans l’industrie et le bâtiment ; accélération de la digitalisation des entreprises ; bond du taux d’épargne des ménages ; recul des demandes d’intervention de l’AGS ; maintien du taux de cotisation de l’AGS à 0,15%...

Évolution du nombre des ouvertures de procédures collectives en Île-de-France depuis janvier 2011

(Sur 12 mois glissants, Base 100 : décembre 1993)

Focus sur l’impact social - Augmentation du nombre d’emplois concernés pour les entreprises en procédure amiable, remontée du nombre d’emplois perdus en liquidation mais baisse du nombre d’emplois impactés en sauvegarde et redressement judiciaire.

-  Le nombre de salariés ayant perdu immédiatement leur emploi du fait de la liquidation judiciaire est en hausse pour la première fois depuis juillet 2018 (+ 1 %) ;
- Les effectifs salariés susceptibles d'être préservés dans les entreprises en sauvegarde ou en redressement judiciaire poursuivent leur diminution (-28 %). Ils restent cependant 1,2 fois plus nombreux que fin 2008 (date d'entrée dans la crise) ;
- Pour les entreprises en procédure amiable (mandat ad hoc et conciliation), le nombre des emplois concernés accélère nettement (+ 37 %). Avant même le début de la crise du Covid-19, ce nombre est près de 2 fois supérieur à celui enregistré fin 2008.

 

Bulletin de santé mensuel des entreprises en France et en Île-de-France au 1er mars 2020 (pdf - 668 Ko)

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