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Christian Batal, cédant d'Interface
PAROLE D'ENTREPRENEUR

Céder son entreprise mais protéger son savoir-faire : le pari de Christian Batal

Parole de Christian Batal, cédant d'Interface

Diriger un cabinet de conseil pendant 25 ans, c’est naviguer entre expertise et réalité humaine. Pour Christian Batal, Président d’Interface, céder son entreprise n’était pas seulement une affaire de chiffres, mais la volonté de passer la main tout en restant fidèle au savoir-faire des équipes. Accompagné par Gabriel Strauss, conseiller en Transmission-reprise à la CCI Paris Île-de-France, il revient sur un processus long et intense, conclu en mars 2026.

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L’identité d’Interface : un lien entre recherche et terrain

Le cabinet Interface, Christian Batal ne l'a pas créé, il l'a rejoint il y a 30 ans avant d'en prendre la présidence. Sa singularité ? Un ancrage fort dans le monde académique. « On est très liés au monde de la recherche, la plupart de nos consultants enseignent », explique-t-il.
Spécialisé dans le management et les RH pour la fonction publique d’État, le cabinet défend une approche de proximité. « Ce que je voulais préserver, c’est cette culture artisanale, loin des process industrialisés. On est une boîte plutôt "intello" où l'on essaie d'être fier de son travail. »

Le déclic : « Ça commençait à tirer physiquement »

À 68 ans, le passage à la cession s'est imposé par la réalité du métier. « Consultant, c'est fatiguant. Il y a les horaires élastiques, les déplacements... c'était inéluctable, c'était écrit. »
Le chemin vers la vente l'a d'abord mené vers des cabinets privés, avant que l'un d'eux ne l'oriente vers la CCI Paris Île-de-France. « Ils nous ont dit que cela n'avait plus de sens de passer par eux car ils prennent 15 ou 20% du prix de vente. Ils m'ont conseillé d'aller voir la CCI Paris Île-de-France et m'ont communiqué le nom de Gabriel Strauss. »
 

Dans les moments un peu tendus, la CCI Paris Île-de-France jouait le rôle d’intermédiaire et de facilitateur. C’était plus confortable d’envoyer notre conseiller annoncer une décision qui risquait d'être un point d'achoppement avec le repreneur.

La CCI Paris Île-de-France : un rôle d’intermédiaire entre cédant et repreneur

Dès la rencontre avec Gabriel Strauss, le processus s'accélère. Pour Christian Batal, l'apport de la CCI Paris Île-de-France a été triple : tout d'abord, la sélection des repreneurs : « On a rencontré une vingtaine de repreneurs potentiels. La CCI Paris Île-de-France nous a aidés en faisant un premier choix des meilleurs profils adaptés à notre cahier des charges. ». Puis, la pédagogie : « On n’est pas du tout gestionnaires. Il a fallu nous expliquer tout ce que recouvrait une LOI ou une GAP. On aurait sans doute avancé plus vite si on avait compris tous les détails des opérations de cession dès le départ. ». Et enfin, la médiation : « Dans les moments un peu tendus, la CCI Paris Île-de-France jouait le rôle d’intermédiaire et de facilitateur. C’était plus confortable d’envoyer notre conseiller annoncer une décision  qui risquait d'être un point d'achoppement avec le repreneur. ».

Le choix d’OPTA’S : une affaire d'ADN commun

Le 16 mars 2026, la signature est officiellement posée avec OPTA’S. Bien que Christian Batal ait eu des offres plus élevées financièrement, c'est la confiance qui a primé. « On a choisi l'offre qui nous paraissait la meilleure pour l'entreprise, et les gens dans lesquels on avait le plus confiance. »
Le courant est très vite passé grâce à une vision commune du métier : « OPTA'S, c’est une société d’ingénieurs sur les systèmes, là où nous sommes sur les sciences humaines. C’est complémentaire. Et surtout, leurs dirigeants venaient aussi du monde de la recherche. On avait un ADN commun. »

La transparence comme parti pris

Christian Batal a choisi une voie atypique : la transparence totale, très tôt. « On a ouvert les comptes et les dossiers des consultants très vite. La CCI Paris Île-de-France nous disait : "Attention à la manière de le faire, vous pouvez vous mettre en danger", mais on a fonctionné à la confiance. »
Même franchise du côté des salariés, prévenus dès le début de la mise en vente. « Gabriel ne nous l'avait pas conseillé, mais on l'a fait. Cela crée un état d'apesanteur pendant un an car les gens savent que vous ne serez bientôt plus là, mais c’était notre choix. ».

Le processus est extrêmement long et complexe tant qu'on ne l'a pas vécu. Le conseiller de la CCI Paris IDF, Gabriel Strauss, a été formidable ! Il a parfaitement rempli son rôle d’accompagnement.

Les retours d'expérience de Christian Batal


A tous ceux qui envisagent de céder une entreprise, Christian Batal conseille d'accepter d'y passer du temps : « Transmettre c’est avant tout une rencontre humaine. On ne peut pas faire confiance à quelqu’un qu'on ne connaît pas. Il faut accepter de multiplier les échanges. ». 

Il conseille également de noter les forces et les faiblesses de son entreprise : « Dès le début, j'avais fait un papier sur les forces et les faiblesses du cabinet. On a tout de suite communiqué dessus avec les repreneurs, ce qui a permis de faire un premier tri et d’éviter de perdre du temps. ».

Enfin, son plus précieux conseil est de bien s'entourer et de se faire accompagner : « Le processus est extrêmement long et complexe tant qu'on ne l'a pas vécu. Le conseiller de la CCI Paris IDF, Gabriel Strauss, a été formidable ! Il a parfaitement rempli son rôle d’accompagnement. »

Juste après la signature définitive, Christian Batal avoue avoir vécu 48 heures de « mini-dépression », un relâchement après des mois de tension. Aujourd'hui, le soulagement domine : Interface entame son nouveau chapitre en restant fidèle à son identité.

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