Reprendre une entreprise industrielle en 7 mois : le pari réussi de Gérald Manfredi avec la CCI Paris Ile-de-France
Parole de Gérald Manfredi, repreneur de la société EMI
Passer de la direction financière de grands groupes à la tête d’une PME industrielle est un saut qui demande autant de méthode que d’audace. Pour Gérald Manfredi, nouveau dirigeant de la société EMI (Équipement Maintenance Industrielle), ce projet s’est concrétisé en un temps record : sept mois. Un succès qu’il attribue à une préparation rigoureuse et à l’appui stratégique de la CCI Paris Île-de-France.
Le déclic : quitter la finance pour le terrain
Ancien cadre dirigeant dans les secteurs de la banque et de l’assurance, Gérald Manfredi a passé une grande partie de sa carrière dans l’audit, les salles de marchés et les directions financières. Lorsque son entreprise a fusionné avec une autre entité, il a saisi l’opportunité du plan de départ qui en a découlé pour concrétiser son envie d’entreprendre.
« Je voulais m’éloigner de la finance pure pour relever un défi plus commercial et concret », explique-t-il. Pour lui, le choix de la reprise s’est imposé comme une évidence face à la création ex nihilo.
« La reprise permet de s’appuyer sur une activité déjà rentable, avec un historique et une structure existante. C’est une gestion du risque beaucoup plus saine quand on investit ses fonds propres et que l’on doit garantir le remboursement de financements bancaires. »
La rencontre avec la CCI Paris Ile-de-France : l'accès au "marché caché" de la reprise
C’est en décembre 2024 que Gérald Manfredi a poussé la porte de la CCI Paris Île-de-France. S’il avait déjà identifié un dossier sur une plateforme publique, c’est sa rencontre avec Stéphane Meunier, conseiller Reprise-Transmission, qui a véritablement accéléré son projet.
« Bien que le premier dossier n’ait pas abouti, Stéphane Meunier m’a proposé un accompagnement sur mesure pour explorer le marché caché de la reprise. La CCI Paris Île-de-France a accès à des dossiers que l’on ne trouve nulle part ailleurs. »
Parmi ces dossiers figurait EMI, une société spécialisée dans l’air comprimé et la maintenance industrielle. Le projet cochait toutes les cases. Grâce à l’expertise de la CCI Paris Île-de-France, qui avait déjà accompagné l’entreprise dans sa première cession peu de temps auparavant, la mise en relation a été immédiate et la confiance s’est rapidement installée.
Un marathon de 7 mois : gérer l’incertitude
Si la reprise d’EMI s’est déroulée rapidement - sept mois entre le premier rendez-vous et la signature - le parcours n’a pas été de tout repos. Pour Gérald Manfredi, la phase de négociation a été la plus éprouvante psychologiquement.
« Entreprendre une reprise, c’est accepter une part d’incertitude. On engage des frais importants en avocats et experts-comptables pour un projet qui peut s’arrêter du jour au lendemain si les discussions achoppent ou si un autre repreneur se positionne », confie-t-il.
C’est dans ce contexte que le rôle de conseil de la CCI Paris Île-de-France a pris toute sa valeur. Suivant les recommandations de Stéphane Meunier, Gérald Manfredi a continué à étudier d’autres dossiers en parallèle.
« C’est un conseil précieux : ne jamais tout miser sur une seule cible tant que rien n’est signé. Cela permet de garder une forme de liberté et de recul dans la négociation. »
De son côté, le conseiller en Transmission-reprise affirme : « être accompagné dès le début de sa démarche de reprise, et notamment dans la recherche de cibles, permet de gagner du temps. La CCI Paris Ile de France est un tiers de confiance qui met en relation cédants et repreneurs en respectant une certaine confidentialité ».
La prise de commandes : rassurer pour pérenniser
Une fois la signature actée, un autre défi a commencé : celui de l’intégration. EMI avait connu un changement de propriétaire seulement un an et demi auparavant, ce qui avait créé une certaine instabilité émotionnelle chez les salariés.
« Ma priorité absolue a été de rassurer les équipes et les clients clés. Je suis allé à leur rencontre pour expliquer mon projet de continuité opérationnelle. »
Pour asseoir son autorité, Gérald Manfredi a fait un choix stratégique : raccourcir la période de transition avec le cédant. Initialement prévue pour six mois, elle a été réduite à deux mois à temps plein.
« Il est crucial de devenir rapidement l’interlocuteur principal, tant pour le personnel que pour les partenaires. »
Dans cette phase délicate, le soutien de la CCI Paris Ile-de-France et des partenaires bancaires a été total.
« Le fait que la CCI Paris Ile-de-France connaisse l’historique de l’entreprise a été une immense source de réassurance pour moi. Cela validait la solidité du dossier malgré les changements récents de direction. »
Les conseils de Gérald Manfredi pour réussir sa reprise
Avec le recul de cette expérience réussie, le dirigeant d’EMI partage deux conseils clés à destination des futurs repreneurs :
- S’entourer d’une équipe d’experts fiables
« La reprise ne se fait pas seul. Il faut une équipe soudée : la CCI Paris Île-de-France pour le sourcing et le conseil stratégique, mais aussi des avocats et des experts-comptables qui connaissent le secteur industriel. La CCI peut d’ailleurs vous mettre en contact avec des experts ayant déjà travaillé sur ces dossiers. » - Anticiper et paralléliser
« Même si le processus semble rapide, il est long psychologiquement. Montez votre équipe conseil dès le départ et continuez d’avancer sur plusieurs pistes pour ne pas vous retrouver démuni en cas d’échec. »
Aujourd’hui à la tête d’EMI, Gérald Manfredi regarde l’avenir avec ambition, serein d’avoir franchi cette étape de transmission grâce à un accompagnement qui a su transformer une opportunité en un projet de vie concret.