Facturation électronique : passer de l’information à l’action
Parole de Nicolas Pavard, responsable produit chez Tiime
La réforme de la facturation électronique concerne toutes les entreprises, des grands groupes aux micro-entrepreneurs, y compris ceux en franchise en base de TVA. Pourtant, sur le terrain, beaucoup de dirigeants en sont encore à se demander s'ils sont vraiment concernés et par quoi commencer.
Nicolas Pavard, responsable produit chez Tiime, plateforme agréée par l’Etat et partenaire de la CCI Paris Ile-de-France, suit le sujet au plus près et accompagne les entreprises dans cette transition. Il revient sur ce qui change concrètement et sur la trajectoire à adopter dès aujourd'hui.
Une obligation pour toutes les entreprises
C'est le premier malentendu à lever. La réforme ne s'arrête pas aux grandes structures. Les freelances, les micro-entrepreneurs, les indépendants en franchise de TVA y sont soumis comme les autres.
« Le cas le plus fréquent, c'est le dirigeant qui se dit : moi je ne facture pas de TVA, donc je ne suis pas concerné. C'est faux. Même si vous n'émettez quasiment aucune facture, vos fournisseurs, eux, vont vous en envoyer par voie électronique. Il faut être en capacité de les recevoir », explique Nicolas.
Concrètement, la réception des factures électroniques devient obligatoire pour toutes les entreprises en septembre 2026. À cette même date, les grandes entreprises et les ETI devront émettre leurs factures sous ce format. Les TPE, PME et micro-entreprises suivront pour l'émission en septembre 2027.
Pourquoi le PDF envoyé par email ne suffira plus
Beaucoup de dirigeants pensent déjà faire de la facturation électronique parce qu'ils envoient un PDF par mail. Ce ne sera plus le cas.
« Envoyer un PDF par email, ce n'est pas de la facturation électronique. Word, Excel, Canva, ce sont des outils bureautiques. À partir des échéances, la facture devra transiter par une plateforme agréée. C'est elle qui fait foi », précise Nicolas.
Autre point de vigilance : l'adresse de facturation électronique.
Elle ne correspond pas à une adresse mail mais s'appuie en général sur le SIREN ou le SIRET de l'entreprise. Tant qu'une entreprise n'a pas rejoint de plateforme agréée, elle n'a pas d'adresse de réception, et ses partenaires ne peuvent pas lui transmettre de factures.
Choisir une plateforme agréée sans se tromper
Face à l'obligation, les offres se multiplient. Et toutes ne se valent pas.
« Les banques sont très actives sur le sujet et cherchent souvent à verrouiller leurs clients. Le risque, c'est de multiplier les outils : un pour la banque, un pour la facturation, un pour la comptabilité. L'idéal, c'est de tout centraliser au même endroit, et surtout de choisir une solution partagée avec son expert-comptable », conseille Nicolas.
Sa recommandation : privilégier un outil unique qui réunit émission, réception et gestion comptable, et vérifier que les factures produites sont bien conformes, avec les mentions obligatoires et les coordonnées clients à jour.
Préparer ses données dès maintenant
Le passage à la facturation électronique suppose un minimum de préparation en amont, notamment sur la base clients.
« Le travail le plus utile à anticiper, c'est de fiabiliser son fichier clients : récupérer les SIREN, vérifier les informations. Aujourd'hui, cette mise à jour peut se faire automatiquement dans l'outil, sans saisie manuelle fastidieuse », indique Nicolas.
Un fichier clients propre évite que les futures factures soient bloquées par le système, et fait gagner un temps précieux le jour où l'obligation s'applique.
Une contrainte qui devient un levier
Au-delà de la mise en conformité, la réforme apporte des bénéfices concrets pour la trésorerie et la gestion quotidienne.
« On sort de la logique de la facture qu'on envoie sans savoir si elle a été reçue. Avec les statuts, on voit en temps réel où en est chaque facture : reçue, approuvée, en litige, payée. Cette traçabilité raccourcit les délais de paiement », souligne Nicolas.
Suivi en temps réel, automatisation des tâches répétitives, simplification administrative : pour une petite structure, la transition est aussi l'occasion de remettre à plat son organisation et de faire un vrai choix d'outil.
« C'est une nouvelle norme, mais personne n'est seul face à elle. Les éditeurs et les plateformes agréées sont là pour accompagner les entreprises. Le bon réflexe, c'est de s'y prendre maintenant. », conclut-il.
Vous avez besoin de vous préparer à la réforme de la facturation électronique et d'être accompagné dans cette transition ?