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Le régime micro-social simplifié

Droit et réglementation
Mise à jour le 16/03/2026
Temps de lecture : minutes

Le régime micro-social simplifié facilite le calcul et le paiement des cotisations sociales des micro-entrepreneurs. 

L'application de ce régime est automatique pour les entrepreneurs individuels soumis au régime fiscal de la micro-entreprise exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou libérale relevant au titre de l'assurance vieillesse de la Sécurité sociale des indépendants ou de la Cipav.

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L’immatriculation auprès du Registre national des entreprises (RNE) est désormais obligatoire pour toute création d’activité, avec inscription au RCS pour le commerce, au RM pour l’artisanat et au registre spécial des agents commerciaux (RSAC) si besoin. Les modalités ont été harmonisées autour du guichet unique.

 

 

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Depuis la loi du 30 juin 2025, le défaut d'immatriculation au RNE expose à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 7 500 €, prononcée directement par la DGCCRF : cela remplace ainsi l’ordonnance du juge et l’astreinte autrefois de mise. Le délit de travail dissimulé existe toujours, avec 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. 

Les bénéficiaires du régime micro-social simplifié

Seules les entreprises individuelles répondant aux critères du régime fiscal de la micro-entreprise peuvent prétendre à la couverture du régime micro-social simplifié. Depuis le 1er janvier 2016, l’assujettissement à ce régime intervient d’office pour les porteurs de projet éligibles, garantissant une simplification des modalités de calcul et de paiement des cotisations sociales.

Il s’applique si le chiffre d’affaires annuel hors taxes ne dépasse pas :

  • 188 700 € pour les activités commerciales telles que la vente de marchandises, l’hôtellerie, ou la fourniture de logement classé (hôtels, chambres d’hôtes, gîtes ruraux et meublés de tourisme) ;
  • 77 700 € pour les prestations de services et les professions libérales relevant des bénéfices non commerciaux (BNC) ou industriels et commerciaux (BIC).

Lorsque plusieurs activités de nature différente sont exercées simultanément, le plafond global de chiffre d’affaires autorisé reste fixé à 188 700 €, dont un maximum de 77 700 € correspondant à l’activité de services. Toute fraction du chiffre d’affaires générée par des prestations de services ne doit pas excéder ce seuil au sein du total annuel autorisé.
 

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Attention : En cas de création en cours d'année, le seuil est alors calculé au prorata temporis.

 
Il convient de souligner que certaines activités sont juridiquement écartées de ce dispositif. Sont notamment exclus : les professionnels affiliés au régime de la mutualité sociale agricole (MSA), les artistes-auteurs directement rémunérés par droits d’auteur, ainsi que les agents immobiliers et autres activités expressément mentionnées par la réglementation sectorielle. Un référentiel actualisé recense l’ensemble des professions et secteurs éligibles, sa consultation préalable demeure essentielle.

Cotisations concernées par le régime micro-social simplifié

Les cotisations prises en compte dans le calcul sont :

  • Les cotisations d'assurance maladie maternité (y compris l'ancienne cotisation d'indemnités journalières) ;
  • Les cotisations d'assurance vieillesse des régimes de retraite de base et complémentaire obligatoire ;
  • La cotisation au régime invalidité décès ;
  • La cotisation d'allocation familiale ;
  • La contribution sociale généralisée (CSG) ;
  • La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Calcul du montant des cotisations du régime micro-social simplifié

Dans le cadre du régime micro-social simplifié, le montant des cotisations se calcule par l'application d'un pourcentage au chiffre d'affaires (CA) réalisé.

Ce pourcentage est de :

  • 12,3 % du chiffre d’affaires pour les activités de vente de marchandises ou de fourniture de logements (hôtels, meublés de tourisme, etc.) ;
  • 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales relevant des BIC ;
  • 24,6 % pour les autres prestations de services, notamment les activités libérales relevant des BNC non soumis à la Cipav ;
  • 23,2 % pour les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav.

 

Aux taux cités ci-dessus, s'ajoute la contribution au titre de la formation professionnelle. Cette contribution est fixée à :

  • 0,3 % pour les activités artisanales ;
  • 0,2 % pour les prestations de services et les activités libérales ;
  • 0,1 % pour les activités commerciales.

 

Lorsqu’un micro-entrepreneur exerce plusieurs activités appartenant à des catégories distinctes, chaque activité est soumise à un taux de cotisations sociales propre, conformément à sa nature juridique et fiscale. La déclaration de chiffre d’affaires doit impérativement comporter une ventilation précise par activité exercée, afin d’appliquer les taux correspondants à chacune d’elles.

En outre, en phase de démarrage, le micro-entrepreneur peut cumuler ce statut avec le dispositif d’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE), lui permettant de bénéficier temporairement de taux réduits de cotisations sociales.

Le régime micro-social simplifié octroie à ses bénéficiaires une couverture sociale comprenant :

  • Le remboursement des frais médicaux ainsi que le versement d’indemnités en cas de maladie ou de maternité.
  • L’accès aux formations professionnelles, conditionné toutefois au paiement préalable d’une contribution spécifique.
  • L’acquisition de droits à la retraite, strictement proportionnels aux cotisations versées.

Il est important de noter que ce régime ne prévoit pas d’indemnités de chômage financées par France Travail (anciennement Pôle emploi).

L'entrepreneur paie ses cotisations au fur et à mesure qu'il encaisse un chiffre d'affaires. S'il ne dégage pas de chiffres d'affaires, il n'est redevable d'aucune cotisation sociale, sauf option pour les cotisations minimales. Dans ce cas, à chaque déclaration mensuelle ou trimestrielle (selon la périodicité choisie), l'entrepreneur est tenu de remplir sa déclaration avec un chiffre d'affaires à néant.

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En cas de défaut de déclaration de chiffre d’affaires, une pénalité forfaitaire de 58,90 € par déclaration manquante est appliquée, accompagnée de majorations des cotisations sociales, calculées sur une base forfaitaire élevée afin de prévenir la sous-déclaration volontaire. 

 

Les cotisations sociales au titre du régime micro-social ne sont pas provisionnées, elles ne font donc l'objet d'aucune régularisation ultérieure contrairement au régime de droit commun. Dès lors, le paiement des cotisations devient libératoire pour l'entrepreneur.

 


 

Option pour une déclaration mensuelle ou trimestrielle

Exercice de l'option

Dans le cadre du régime micro-social simplifié, le nouvel entrepreneur opte pour un régime déclaratif mensuel ou trimestriel. Il effectue cette option au moment de la création de son statut de micro-entrepreneur.

Le choix effectué par l’auto-entrepreneur vaut pour une année civile et est reconduit tacitement l’année suivante. Toute modification doit donc être transmise avant le 31 décembre de l’année en cours.

 

Conséquences

Chaque trimestre ou chaque mois, l'entrepreneur communique le montant de son chiffre d'affaires du trimestre ou du mois écoulé à l'aide d'un formulaire spécifique disponible sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr ou net-entreprises.fr. Un chiffre d'affaires égal à zéro doit être déclaré.
Si les seuils de chiffre d'affaires du régime de la micro-entreprise sont dépassés pendant 2 années consécutives, le régime réel d’imposition s’applique alors de plein droit au 1er janvier de l'année suivante.
 
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Attention : le non-respect des dates de paiement des cotisations sociales donne lieu à des majorations de retard.

Le régime micro-social simplifié et les bénéficiaires de l'ACRE

Le bénéfice de l’exonération ACRE est accordé pour la première année d’activité.

À ce titre, l’auto-entrepreneur bénéficie d’un taux de cotisations minoré jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant celui du début de l’activité.

Catégorie d'activitéTaux avec ACRE au 1er janvier 2025
Activités d’achat, vente et revente de marchandises6,2 %
Prestations de services artisanales ou commerciales (BIC)10,6 %
Activités libérales (BNC) non réglementées11,6 %
Professions libérales réglementées relevant de la CIPAV13,9 %
Location de meublés de tourisme classés3 %

Ces taux représentent une exonération partielle des cotisations sociales durant la période couverte par l’ACRE, généralement jusqu’à la fin du troisième trimestre civil suivant la date de début d’activité (soit environ 12 mois).

Au-delà de cette période, les taux normaux et complets reprennent leur cours selon la catégorie d’activité (12,3 % pour la vente, 21,2 % ou 23,2 % pour les services, 24,6 % pour les autres libérales non Cipav).

Ces taux s’appliquent au chiffre d’affaires hors taxes déclaré et sont assortis d’une contribution additionnelle à la formation professionnelle, variable selon la nature de l’activité.

Vous allez dépasser les seuils de chiffres d'affaires et vous vous interrogez sur l'opportunité de changer de forme juridique. Vous pouvez prendre rendez-vous avec un juriste.

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Votre FAQ sur le régime micro-social simplifié

Quel est l’impact du régime micro-social simplifié sur les droits à la retraite complémentaire ?

Le régime micro-social simplifié ouvre des droits à la retraite de base et complémentaire sur la base des cotisations versées proportionnellement au chiffre d’affaires. Toutefois, comparé aux régimes classiques, les droits complémentaires peuvent être limités par les taux et les plafonds appliqués aux micro-entrepreneurs, notamment en l’absence de cotisations minimales.

Comment le régime micro-social simplifié gère-t-il la contribution à la formation professionnelle ?

Le régime intègre une contribution spécifique à la formation professionnelle calculée selon la nature de l’activité exercée. Cette contribution permet d’accéder aux dispositifs de formation professionnelle continue, sous réserve que l’entrepreneur ait bien acquitté cette cotisation lors de ses déclarations.

Quelles sont les obligations déclaratives spécifiques en cas de cessation temporaire d’activité sous ce régime ?

En cas de suspension temporaire d’activité, l’entrepreneur doit continuer à effectuer une déclaration de chiffre d’affaires mentionnant zéro activité, sous peine de pénalités. Aucune cotisation ne sera due durant cette période, sauf option contraire exprimée.

Quelles conditions doivent être remplies pour sortir du régime micro-social simplifié ?

Le régime prend fin automatiquement lorsque le seuil de chiffre d’affaires est dépassé deux années consécutives, si l’entreprise opte pour un régime réel d’imposition, ou en cas de cessation définitive d’activité. 

La sortie du régime implique généralement un passage aux régimes sociaux de droit commun avec paiement provisionnel et régularisation différée des cotisations.

Est-il possible d’appliquer le régime micro-social simplifié aux activités exercées en nom propre mais sous forme sociétaire (EURL, SASU) ?

Non, ce régime est strictement réservé aux entrepreneurs individuels relevant du régime fiscal de la micro-entreprise. Les dirigeants d’EURL ou SASU relèvent de régimes sociaux distincts et ne peuvent bénéficier du régime micro-social simplifié.