Choisir l’Afrique pour son projet d’export
Parole de Zoubir Rabia, Chef de projets internationaux CCI International Paris Ile-de-France
Exporter en Afrique constitue une réelle opportunité pour les entreprises françaises. Mais l’Afrique compte pas moins de 52 pays avec autant de règles et de cultures. Zoubir Rabia, expert à la CCI Paris Ile-de-France, explique pourquoi il est essentiel de se faire accompagner.
Pourquoi exporter en Afrique ?
L'Afrique représente la croissance de demain.
La plupart des économistes s’accordent à dire que l’Afrique représente la croissance de demain. Aujourd’hui, une bonne partie des pays bénéficient d’une stabilité politique et économique avec des chiffres de croissance supérieurs à 3,5%.
Ce sont également des pays avec une croissance démographique importante (2,5 Mds d’habitants en 2050 contre 1,3 aujourd’hui) et donc un continent où il y a des besoins qui ne cesseront d’évoluer dans les prochaines années.
Le développement technologique des pays africains est aussi une très bonne raison, puisque de nombreuses start-up y voient le jour.
Un retour sur investissement plus rapide
Miser sur l’Afrique peut permettre un retour sur investissement plus rapide que dans d’autres pays, notamment en Asie.
A condition évidemment d’utiliser les bons outils et les bonnes techniques, d’être dans une optique de gagnant-gagnant et de proposer une valeur ajoutée.
Il doit y avoir une adéquation entre le produit et le marché, un réel intérêt pour le pays.
Dans cette perspective, le choix du partenaire sera crucial.
Comment exporter en Afrique ?
Etape 1 : S’informer sur les pays visés
Il faut que l’entreprise étudie le potentiel du marché, via une évaluation de marché qui peut être réalisée par l’entreprise elle-même ou des acteurs publics comme Business France, en lien avec leur conseiller Team France Export ou des consultants privés.
Au Comité d’échanges Afrique-France (CEAF), nous privilégions l’échange entre les membres qui s’apportent des conseils, des contacts et parfois du business…
Etape 2 : Organiser un déplacement professionnel
Ensuite, il faut que l'entreprise organise un déplacement professionnel, qu’elle visite le pays en question pour valider son potentiel de marché. Au sein du CEAF, nous organisons des délégations dans des pays choisis par les entreprises adhérentes. Mon expérience me permet de leur apporter conseils et pratiques sur la posture ou la stratégie à adopter en fonction des pays.
Nous mettons également en lien des entreprises avec des partenaires, des acteurs institutionnels, des décideurs politiques. Il est essentiel d’avoir un partenaire commercial local.
Pour illustrer notre action, nous avons organisé en septembre dernier une mission collective en Côte d’Ivoire avec un programme de rendez-vous dédié par entreprise et des visites auxquelles les entreprises n’auraient pas eu accès en venant seules.
Etape 3 : S'implanter dans le pays
La dernière étape est de pérenniser son marché par la création d’une implantation.
Pour espérer avoir un retour sur investissement, il est essentiel d’avoir une présence à long terme dans le pays. Je conseille aux entreprises de cibler deux voire trois pays par an. C’est toute la difficulté que l’on peut avoir avec l’Afrique qui ne compte pas moins de 52 pays avec autant de règles et de cultures.
De plus, la création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF) qui regroupe 55 pays devrait apporter une meilleure ouverture sur tous ces marchés dès lors qu’une entreprise y dispose d’une implantation. Il est nécessaire de bien prioriser ses choix de pays.