Conjoncture 2026
Une économie française qui résiste, mais qui reste sous pression face aux chocs économiques globaux
Les dernières analyses de l’INSEE et de la Banque de France dessinent une économie à plusieurs vitesses. Tandis que l’industrie conserve un certain dynamisme, le commerce et les services subissent davantage les effets du tassement de la consommation. Hausse des prix de l'énergie, coûts logistiques en forte hausse, baisse de la demande : les TPE et PME franciliennes sont en première ligne. Dans cet environnement plus incertain, le développement à l’international constitue pour de nombreuses entreprises une opportunité de diversification et un vecteur de croissance.
Une croissance nationale faible mais positive
Contrairement aux principales économies européennes, la France a enregistré un léger recul de son activité au premier trimestre 2026.
Le principal point de vigilance concerne désormais la demande intérieure. La hausse des prix de l'énergie et l'accélération de l'inflation réduisent le pouvoir d'achat des ménages.
Selon l'INSEE, celui-ci reculerait de 0,3 % en 2026.
Pour autant, l'INSEE anticipe un rebond de l'activité dès le deuxième trimestre (+0,3 %), avant un ralentissement plus modéré au second semestre (+0,1 % par trimestre).
Au total, la croissance française atteindrait 0,7 % en 2026, soit un rythme proche de celui attendu pour la zone euro (+0,9 %).
L'industrie moteur de la croissance
L'un des principaux enseignements du premier semestre 2026 réside dans le rôle moteur joué par l'industrie.
Alors que le commerce, les services et une partie des activités liées à la consommation ralentissent, plusieurs filières industrielles affichent une dynamique remarquable.
L'aéronautique et la construction navale bénéficient notamment de carnets de commandes exceptionnellement élevés et de l'amélioration progressive des chaînes d'approvisionnement. En avril 2026, leur production progresse de plus de 20 % sur un an.
La chimie et le raffinage profitent également de la réorganisation des marchés mondiaux de l'énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
Cette bonne tenue industrielle soutient les exportations françaises, attendues en hausse de 1,9 % sur l'année.
Les entreprises qui préservent leurs marges
Malgré le renchérissement de leurs coûts, les entreprises parviennent globalement à préserver leur rentabilité.
Le taux de marge des sociétés non financières a certes reculé à 31,7 % de la valeur ajoutée au premier trimestre 2026, contre 32,5 % fin 2025.
Cette baisse s'explique principalement par la flambée des prix de l'énergie importée.
Toutefois, les entreprises répercutent progressivement une partie de leurs coûts dans leurs prix de vente.
Selon l'INSEE, le taux de marge remonterait à 32,2 % dès le deuxième trimestre puis à 32,4 % en fin d'année.
Comment les entreprises s'adaptent ?
Face au choc, 68 % des entreprises impactées ont déjà mis en place des mesures spécifiques. Les stratégies adoptées sont principalement défensives : réduction des déplacements et optimisation logistique (34 %), ajustement des prix de vente (32 %), report d'investissements (27 %), réduction de la production (11 %).
Le report d'investissements mérite une attention particulière. À l'échelle nationale, la Grande Consultation des Entrepreneurs (mai 2026) indique que 22 % des dirigeants ont reporté des investissements en raison du contexte géopolitique. Si cette tendance se confirme, elle fragilisera la capacité d'innovation et de compétitivité des PME à moyen terme. Au contraire, investir dans des moments baissiers peut s’avérer une bonne stratégie dans le long terme.
La question de la répercussion des coûts reste centrale. 26 % des entreprises ont déjà ajusté leurs prix de vente à la hausse, et 18 % projettent de le faire (Grande Consultation des Entrepreneurs, mai 2026). Une deuxième vague de répercussion n'est donc pas à exclure, ce qui pourrait alimenter une nouvelle pression inflationniste sur les clients et les ménages.
L’international, un accompagnement structuré avec la Team France Export
Dans ce contexte économique incertain, le développement à l’international peut être perçu comme une stratégie gagnante. Profitant des dynamiques de croissances importantes et de prix de production plus faibles, de nombreuses entreprises font le choix d’investir dans les marchés émergents.
Pour soutenir les entreprises, les pouvoirs publics ont mis en place la Team France Export. Lancé en 2018, ce service public réunit l'État, les Régions, Business France, Bpifrance et les CCI afin de simplifier et sécuriser le parcours à l'export.
Grâce à ce dispositif, chaque entreprise bénéficie d'un accompagnement structuré à chaque étape de son projet : évaluation du potentiel, ciblage des marchés, recherche de partenaires, prospection internationale et formation aux techniques du commerce international.
La CCI du Val-de-Marne s’inscrit pleinement dans cette démarche en accompagnant les entreprises dans la définition et la mise en œuvre de leur stratégie export.