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adaptation au changement climatique
Décryptage

L’adaptation au changement climatique, un enjeu encore largement sous-estimé par les PME franciliennes

Publié le
Développement durable

Alors que les effets du changement climatique s’intensifient, l’adaptation devient essentielle pour les entreprises franciliennes. Pourtant, une étude du CROCIS révèle un décalage persistant entre la réalité des risques et la perception qu’en ont les PME de la région. 

Un réchauffement de +4 °C d’ici 2100

Les pouvoirs publics prévoient désormais un réchauffement de +4 °C d’ici la fin du siècle pour orienter leurs politiques d’adaptation. En Île‑de‑France, ce réchauffement se traduira par :

  • Des pics de chaleur plus intenses et plus longs,  
  • Des précipitations plus fortes en hiver et réduites en été, augmentant les tensions sur l’eau,
  • Une multiplication des épisodes extrêmes aux effets potentiels sur les bâtiments, les équipements et la santé des salariés.  

Une perception des risques encore trop faible

Malgré ces signaux, les PME franciliennes restent peu conscientes de leur exposition. 
L’enquête révèle que :

  • Deux tiers des entreprises pensent que le changement climatique n’aura pas d’impact sur leur activité
  • Seules 13 % s’estiment exposées au risque d’inondation, alors même que la région fait face à un risque majeur : une crue importante pourrait toucher jusqu’à 900 000 Franciliens.
  • Les vagues de chaleur, amplifiées par l’urbanisation et les îlots de chaleur, sont encore peu anticipées alors qu’elles affectent déjà bâtiments, infrastructures et productivité.  

Cette faible perception traduit un déficit de culture du risque, accentué par le fait que les entreprises identifient davantage les risques visibles (pollution, tempêtes) que les risques réellement structurants en Île‑de‑France (chaleur, inondation, sécheresse).  

Une préparation limitée face à des menaces de plus en plus concrètes

L’étude montre également que les PME d’Ile-de-France sont encore peu engagées dans une démarche proactive :

  • Plus de la moitié n’a pas de plan de continuité d’activité (PCA) adapté aux événements climatiques extrêmes,
  • 65 % n’évaluent pas leurs risques climatiques,
  • Seules 15 % ont pris des mesures concrètes pour adapter leurs installations (bâtiments, gestion des eaux pluviales…),
  • À l’échelle nationale, 68 % des dirigeants de PME et ETI ne considèrent pas l’adaptation comme un enjeu stratégique majeur.  

Ces résultats montrent que l’adaptation est une démarche encore timide, souvent perçue comme secondaire par rapport aux enjeux du quotidien.

Des vulnérabilités sous-estimées, y compris sur la chaîne d’approvisionnement

L’enquête montre que les risques liés aux chaînes d’approvisionnement sont rarement anticipés, alors qu’ils peuvent provoquer des ruptures d’activité importantes (retards, pénuries, défaillances logistiques).

De plus, en cas de crue majeure, les dommages directs en Île-de-France pourraient atteindre jusqu’à 30 milliards d’euros, sans compter les impacts indirects pour les entreprises.  

Toutefois, certaines entreprises ont pris des mesures pour s’adapter au changement climatique : organisation du travail en période de chaleur, amélioration du confort thermique dans les locaux, etc. La question n’est plus de savoir si le changement climatique impactera les PME franciliennes, mais quand et comment. Face à une trajectoire climatique déjà engagée, l’adaptation doit devenir un réflexe stratégique pour aider les entreprises à renforcer leur résilience, leur productivité ainsi que leur attractivité.

Quelques chiffres clés issus de l'enquête 

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