Les cadeaux d'affaires : un régime fiscal particulier
Les cadeaux d’affaires sont-ils déductibles du résultat ? La TVA ayant grevé leur achat est-elle récupérable ?
Dans le cadre de leurs relations d'affaires, les entreprises peuvent être amenées à offrir des cadeaux notamment à leurs clients. Ces opérations sont courantes et licites mais elles obéissent à un régime fiscal particulier.
Aussi, avant de commencer la distribution des cadeaux, les entreprises ont tout intérêt à bien connaître le régime fiscal applicable.
Régime applicable en matière de TVA
Principe : Interdiction de déduire la TVA afférente aux cadeaux d'affaires
Le principe est clair. La TVA afférente aux cadeaux, c’est-à-dire des biens remis à titre gratuit (ou à un prix très inférieur à son prix normal)n’est pas déductible (article 206, IV-2-3 de l’annexe II du CGI)
La déduction de la TVA n’est donc pas autorisée et ce même si l’opération est réalisée dans l’intérêt de l’entreprise.
Cette règle vise principalement les cadeaux d'affaires, entendus au sens large. Ils visent aussi bien les "paniers garnis", caisses de vin ou de champagne remis en fin d'année, que les objets publicitaires qu'une entreprise remet à ses clients dans le cadre de contrats (chaises, tables et parasols remis aux bars par les brasseurs, par exemple).
Deux exceptions au principe de non-déductibilité de la TVA
Les biens de très faible valeur
Les biens remis sans contrepartie dont la valeur est regardée comme " très faible " peuvent faire l'objet d'une récupération de la TVA. Cette condition est considérée comme remplie pour les objets dont la valeur unitaire n'excède pas 73€ toutes taxes comprises (TTC).
A titre d’exemples sont aussi bien concernés les objets spécialement conçus à titre publicitaire comme les verres, carafes ou cendriers notamment remis aux cafetiers,) mais plus généralement tous produits comme les échantillons, et autres cadeaux de fin d'année remis aux clients fidèles, par exemple).
Cette valeur correspond :
- Soit au prix d'achat de l'objet par l'entreprise distributrice,
- Soit à son prix de revient lorsque l'entreprise procède elle-même, ou fait procéder pour son propre compte, à sa fabrication.
La valeur de 73 € s’apprécie :
- Par année
- Par destinataire
- Pour l’ensemble du cadeau
Exemple : si une entreprise offre un cadeau composé de deux montres, d’une valeur de 40 euros chacune, la TVA correspondante ne pourra pas être déduite.
Les objets de nature publicitaire
La remise gratuite de matériel publicitaire notamment les affiches, meubles, panneaux, présentoirs, pancartes donne droit à déduction de la TVA, sans limite de coût, si les trois conditions suivantes sont réunies :
- L’entreprise qui fabrique ou commercialise le matériel publicitaire en supporte le coût
- Le matériel publicitaire, remis aux détaillants est destiné à la promotion, la vente, le rangement ou la présentation des produits concernés
- La remise du matériel est justifiée par les besoins de l’activité commerciale de l’entreprise
Si ces trois conditions ne sont pas réunies, la TVA ne pourra être déductible que si le bien est de très faible valeur (moins de 73€).
Régime applicable en matière d'imposition des bénéfices
Les conditions de déductibilité des charges représentées par les cadeaux d’affaires
Les cadeaux d’affaires constituent, en principe, des charges déductibles s’ils relèvent d’une gestion normale c’est-à-dire qu’ils sont faits dans l’intérêt de l’entreprise.
Agir dans l’intérêt de l’entreprise est un des éléments essentiels pour apprécier de la déductibilité d’une charge.
L’appréciation de cette condition n’est pas soumise à une définition précise. L’analyse doit donc être faite au cas par cas, dépense par dépense, en fonction d'éléments de fait (taille, activité, par exemple) propres à chaque entreprise.
Aucune condition liée à la valeur du cadeau n'est donc fixée.
Toutefois, les cadeaux font l’objet d’une attention particulière de la part de l’administration fiscale. En cas de contrôle, elle peut, en application des dispositions de l’article 39,5 du CGI, les réintégrer dans le bénéfice imposable si :
- Elles sont excessives
- Et la preuve n’est pas apportée par l’entreprise qu’elles sont engagées dans l’intérêt direct de l’activité.
L’administration fiscale réserve la déduction aux seuls cadeaux dont la cause est licite en précisant que la distribution ne doit pas être prohibée par une disposition légale ou réglementaire.
Inscription sur le relevé des frais généraux
Les entreprises sont tenues de fournir à l’appui de la déclaration de résultats de chaque exercice, un relevé détaillé appelé le relevé des frais généraux, pour certaines dépenses dès lors qu’elles dépassent un certain montant (article 54 quater du CGI).
Les obligations déclaratives diffèrent selon la forme de l’entreprise et son régime d’imposition de la manière suivante :
| Nature de l'entreprise | Obligation déclarative |
|---|---|
| Sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés | Sur le formulaire 2065-SD et son annexe |
| Sociétés soumises à l’impôt sur le revenu | Sur le formulaire 2031-SD et son annexe |
| Entreprises individuelles | Elles ne sont pas tenues de déposer un relevé des frais généraux mais les cadeaux (et les frais de réception) doivent être mentionnés dans l’annexe du formulaire 2031-SD |
| Micro-entreprises | Elles n’ont pas à effectuer de relevé des frais généraux, ni à déclarer les cadeaux et les frais de réception. |
Exception au principe d’inscription sur le relevé des frais généraux
Les cadeaux spécialement conçus pour la publicité dont la valeur unitaire ne dépasse pas 73 euros TTC par bénéficiaire n’ont pas à être inscrits sur le relevé des frais généraux.
Pour l’administration, un objet est spécialement conçu pour la publicité, s’il comporte une inscription publicitaire apparente et indélébile mentionnant le nom ou la raison sociale de l'entreprise distributrice et lisible dans la position normale d'utilisation.
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