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Recruter un alternant

Ressources humaines
Mise à jour le 18/05/2026
Temps de lecture : minutes

L’alternance constitue un outil stratégique privilégié pour les entreprises souhaitant intégrer des talents opérationnels tout en contribuant au développement des compétences professionnelles. Ce mode de recrutement, encadré par les dispositifs d’apprentissage et de professionnalisation, associe formation théorique et immersion pratique, favorisant ainsi l’adéquation entre besoins de l’entreprise et qualifications acquises. En 2025, malgré quelques réajustements des aides publiques, recruter un alternant reste une démarche porteuse d’avantages financiers, humains et organisationnels.

Qu’entend-on par alternance ?

L’alternance désigne un système de formation qui permet d’obtenir un diplôme ou une qualification professionnelle en alternant périodes de travail en entreprise et périodes d’enseignement général, technologique ou professionnel.


Il existe 2 types de contrat de travail en alternance :

  • le contrat d’apprentissage ;
  • le contrat de professionnalisation. 

Le contrat d’apprentissage s’adresse aux jeunes âgés de 16 à 29 ans révolus (soit jusqu’à 30 ans moins un jour). Des exceptions permettent de dépasser cette limite d’âge dans certains cas spécifiques, notamment pour les personnes en situation de handicap, les sportifs de haut niveau, ou les créateurs et repreneurs d’entreprise.

Le contrat de professionnalisation concerne, quant à lui, les jeunes de 16 à 25 ans révolus ainsi que les demandeurs d’emploi âgés de 26 ans ou plus, sans limite d’âge. Ce dispositif s’adresse donc à un public plus large, particulièrement en insertion ou reconversion professionnelle.

Cette distinction entre les deux contrats est essentielle pour orienter votre stratégie de recrutement d’alternants.

Un mode de recrutement à part entière

Le recrutement en alternance est un véritable outil de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). C’est en effet, une méthode qui permet certes de répondre à un besoin présent mais également d’anticiper et donner le temps à l’entreprise de préparer une embauche à terme.

Pendant la durée de l’alternance, qui peut varier entre un et trois ans selon la formation préparée, l’employeur évalue sur le terrain son futur collaborateur en vue d’une éventuelle embauche en CDI. Le recrutement d’un alternant est un investissement pour l’entreprise. Une solution à prendre en compte notamment pour les postes sur lesquels des difficultés de recrutement sont rencontrées.

Recruter un alternant et le former, une démarche citoyenne

Aider les jeunes à s’insérer dans la vie professionnelle est un vrai enjeu aujourd’hui au regard des problématiques d’emploi. Recruter un alternant permet de :

  • Former la personne aux méthodes de travail de l’entreprise
  • Lui apprendre un métier
  • L’intégrer à la vie et à la culture de celle-ci.

Pour les jeunes, les contrats en alternance sont des expériences irremplaçables, enrichissantes et valorisées sur un CV. Ils leur permettent de se constituer leur première expérience professionnelle fortement prisée des futurs employeurs lors de leur recherche d’emploi. En janvier 2024, 66 % des apprentis de niveau CAP à BTS occupaient un emploi salarié, six mois après la fin de leur formation.

Un regard neuf sur l’entreprise

Autre contrepartie très positive de l’investissement en temps passé pour former le jeune, l’alternance est également une solution pour impulser un nouveau dynamisme dans les équipes. Les recrutés apportent un regard extérieur sur le travail, transmettent des connaissances récentes et des méthodes ou techniques apprises dans leur école.

Les alternants apportent un regard extérieur, souvent critique et actualisé, sur les pratiques professionnelles en vigueur. Ils transmettent des connaissances récentes, acquises dans leur parcours de formation, ainsi que des méthodes et techniques innovantes grâce à leur exposition continue à un environnement académique.

Cette dynamique favorise l’émergence d’une culture d’innovation et d’adaptation, essentielle dans un contexte économique en constante évolution. Par ailleurs, l’intégration d’alternants stimule la motivation des collaborateurs en place, qui assument souvent un rôle de tuteur, renforçant ainsi l’esprit d’équipe et la transmission des savoir-faire intergénérationnels.

Enfin, ce renouvellement des compétences contribue à renforcer la compétitivité de l’entreprise, par l’introduction de nouvelles approches et la facilitation de la conduite du changement organisationnel.

Recruter un alternant : un coût financier raisonnable pour les entreprises

C’est une solution de recrutement adaptée aux budgets des entreprises notamment des TPE de par les aides et exonérations de charge qui leur sont accordées.

Contrat d’apprentissage

La rémunération est déterminée en pourcentage du SMIC selon l’âge de l’apprenti et l’année de contrat (de 27 à 100 %).

Pour les contrats conclus entre le 1er janvier 2023 et le 23 février 2025, l’entreprise bénéficiait d’une aide financière exceptionnelle de 6 000 € versée au titre de la première année d’exécution du contrat, et destinée aux apprentis préparant un diplôme du CAP au master 2 (niveau 7).

Depuis le 24 février 2025 et jusqu’au 31 décembre 2025, cette aide est ajustée selon la taille de l’entreprise :

  • 2 000 € pour les entreprises de 250 salariés et plus, sous condition d’atteinte de quotas d’alternants
  • 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés
  • 6 000 € maintenus pour les apprentis en situation de handicap, quels que soient la taille et le secteur de l’entreprise.

Cette aide concerne exclusivement la première année du contrat et s’applique uniquement aux contrats d’apprentissage.

Par ailleurs, d’autres aides sont attribuées sous conditions, notamment liées à la fonction tutorale ou à la situation particulière des alternants (handicap, zones prioritaires, etc.).

Depuis le 1er mars 2025, un changement important est intervenu concernant les cotisations sociales : les contrats d’apprentissage conclus à partir de cette date ne bénéficient plus d’une exonération totale des cotisations salariales. Désormais, pour la portion de la rémunération excédant 50 % du SMIC (soit 900,90 €), les cotisations salariales, la CSG et la CRDS sont dues. Les contrats conclus avant cette date restent exonérés jusqu’à hauteur de 79 % du SMIC.

Contrat de professionnalisation

La rémunération est déterminée en pourcentage du SMIC selon l’âge et le niveau de formation pour les jeunes de moins de 26 ans (de 55 à 100 %).

Les entreprises peuvent bénéficier d’allègements de cotisations patronales sur les bas et moyens salaires et d’aides pour l’embauche de demandeurs d’emploi de plus de 26 ans et de plus de 45 ans en reconversion professionnelle.

Les aides financières pour l’embauche en contrat de professionnalisation en 2025 comprennent une aide forfaitaire de 2 000 € pour les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, ainsi qu’une aide complémentaire de 2 000 € pour les plus de 45 ans, cumulables sous conditions.

L’aide exceptionnelle forfaitaire dédiée aux moins de 30 ans a été supprimée pour les contrats signés après le 30 avril 2024.

Comment recruter un alternant ?

Les formalités administratives liées au recrutement d’un alternant ont été simplifiées pour faciliter l’embauche et la gestion des contrats. L’objectif est de réduire les délais et les démarches, tout en garantissant une meilleure qualité de contrôle des conditions d’éligibilité du contrat.

Contrat d’apprentissage

  • Remplir le formulaire de contrat d’apprentissage
  • Transmettre le contrat d’apprentissage à l’opérateur de compétences (OPCO) dont vous relevez et non plus à la CCI ou chambre des métiers, au plus tard dans les 5 jours suivant le début d’exécution du contrat avec la convention de formation.
  • A réception du contrat l’OPCO vérifie que les conditions d’éligibilité des formations, d’âge de l’apprenti, de qualité du maître d’apprentissage et de rémunération sont satisfaites et se prononce sur la prise en charge financière dans un délai de 20 jours à compter de la réception des documents. Son silence vaut refus de la prise en charge.
  • L’OPCO dépose le contrat par voie dématérialisée auprès de la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) et l’informe le cas échéant de sa décision et de son motif de refus.

Contrat de professionnalisation

Le contrat doit être établi par écrit établi à l’aide d’un modèle type cerfa (Formulaire EJ20). L’employeur doit le déposer auprès de son Opérateur de compétences (OPCO), au plus tard dans les 5 jours qui suivent le début du contrat. L’OPCO transmet la copie du contrat à la Direccte.

À savoir : l'OPCO se prononce dans un délai de 20 jours à compter de la réception du contrat sur la prise en charge financière et notifie sa décision à l'employeur au moyen du service dématérialisé. À défaut d'une décision de l'OPCO dans ce délai, la prise en charge est réputée acceptée et le contrat est réputé déposé.

Votre FAQ pour recruter un alternant

Quelles sont les bonnes pratiques pour optimiser le ROI d’un recrutement en alternance ?

Pour maximiser le retour sur investissement, il est crucial :

  • D’anticiper le parcours de l’alternant dès la phase de recrutement
  • Définir précisément les besoins opérationnels
  • Délectionner une formation parfaitement adaptée
  • Engager dès le départ un tuteur capable d’assurer un suivi structuré.

La réussite dépend aussi d’une communication régulière avec le centre de formation et d’une évaluation continue pour aligner compétences et objectifs métiers.

Quelles sont les erreurs fréquentes qui pénalisent les entreprises dans le recrutement d’alternants ?

Parmi les écueils courants : une mauvaise définition du profil recherché, une méconnaissance des règles de financement et des démarches administratives, un suivi insuffisant des alternants, et un défaut d’intégration dans les équipes. Ces erreurs réduisent la motivation des alternants, augmentent le taux de rupture de contrat et limitent la valorisation du dispositif.

Existe-t-il un impact direct de l'alternance sur la marque employeur ?

Oui, recruter un alternant valorise l’image de votre entreprise, la positionnant comme engagée dans la formation et l’insertion professionnelle. Cette démarche renforce l’attractivité auprès des jeunes talents, améliore la fidélisation interne et crédibilise la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Communiquer sur ces engagements est une opportunité marketing à ne pas sous-estimer.

Quelles sont les indicateurs clés à suivre pour piloter efficacement un dispositif d’alternance ?

Le taux de maintien en contrat jusqu’à son terme, le taux d’embauche des alternants en CDI, la progression des compétences mesurée par le tuteur, et la satisfaction des apprenants et des équipes sont les principaux KPIs (indicateurs clés de performance). Un bilan annuel avec analyse qualitative et quantitative permet d’ajuster la stratégie de recrutement et formation.

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