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Reprise d'entreprise
Décryptage

Reprendre une entreprise, une voie entrepreneuriale encore sous-estimée

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Créer son entreprise n’est pas l’unique voie pour entreprendre. À l’occasion d’une table ronde à Go Entrepreneurs 2026, plusieurs dirigeants ont mis en lumière une voie encore peu explorée : la reprise d’entreprise. Une alternative concrète, porteuse d’opportunités, mais qui suppose une approche spécifique. 

Une alternative à la création encore trop peu envisagée

Souvent perçue comme secondaire, la reprise d’entreprise s’impose pourtant comme une voie royale vers l’entrepreneuriat. « C’est la solution à laquelle on pense le moins alors qu’elle a plein d’atouts ».

Parmi ces atouts : un savoir-faire existant, une base de clients, une activité déjà structurée. Trois profils l’ont illustré sur scène, chacun à leur manière.

Le même choix : reprendre pour entreprendre

Audrey Régnier, CEO de Bohin, fait vivre une entreprise industrielle emblématique, l’un des cinq fabricants mondiaux d’aiguilles à coudre. Sa reprise s’est faite en tandem avec son mari : « La reprise s’est faite très simplement, nous sommes associés à 50/50 ».  

De son côté, Petra Brotnei a repris Rectif46, spécialisée dans la rectification de pièces mécaniques, une activité de niche forte de 40 ans de savoir-faire. Issue du secteur, elle a saisi cette opportunité, portée par la confiance du cédant : « Il me voyait à la tête de l’entreprise. Je suis arrivée avec du courage, en croyant en mon projet et en moi ».

Résultat : une croissance rapide, avec +47 % de chiffre d’affaires dès la première année, et des perspectives de développement, notamment la création d’un centre de formation à horizon 2027.

Enfin, Cédric Meston, à la tête du groupe Revive, et repreneur de la célèbre entreprise Tupperware, adopte une stratégie plus risquée avec la reprise d’entreprises en difficulté :

« Nous reprenons des entreprises à l’arrêt ou proches de l’arrêt. Le risque est plus élevé, mais le potentiel de valeur aussi ».  

Reprendre, c’est d’abord écouter et comprendre

Si les intervenants s’accordent sur un point, c’est bien celui-ci : la réussite d’une reprise repose d’abord sur la capacité à observer avant d’agir.

Petra Brotnei insiste sur l’importance de cette phase d’immersion : « Je ne voulais pas tout changer. J’ai passé beaucoup de temps à écouter, me rendre à l’atelier, comprendre le fonctionnement ». Cette posture d’écoute permet de gagner la confiance des équipes, identifier ce qui fonctionne déjà, cibler les axes d’amélioration.  

Même logique pour les reprises plus complexes, notamment en contexte de difficulté : pour Cédric Meston, le facteur humain est déterminant, en particulier lorsqu’il faut embarquer des équipes dans un projet de relance.

Transformer l’existant sans le déstabiliser

Reprendre ne signifie pas tout remettre à plat. Les dirigeants présents ont au contraire insisté sur une transformation progressive afin de conserver les fondamentaux qui font la valeur de l’entreprise, corriger les dysfonctionnements étape par étape, tester et ajuster en continu. Un équilibre parfois délicat, notamment lorsqu’il faut gérer un passif ou s’imposer en tant que nouveau dirigeant.

Structurer son développement commercial : un levier clé

Au-delà de la reprise en elle-même, les échanges ont mis en lumière l’importance de structurer son développement.

Plusieurs témoignages convergent : cibler précisément son marché, formaliser un tunnel de vente, s’équiper d’outils (CRM, automatisation…), découper et déléguer les tâches.  « J’avais plusieurs cibles. On m’a appris à en choisir une et à structurer mon approche ».  

Autre enseignement : la régularité et la présence terrain restent essentielles. « Le meilleur commercial est celui qui est régulier ».

Entreprendre, c’est aussi apprendre de ses échecs

La séquence dédiée aux parcours entrepreneuriaux rappelle enfin une réalité souvent moins visible : les phases de difficulté font partie du chemin. Manque de financement, croissance mal maîtrisée, fatigue des équipes… les causes d’échec ou de restructuration sont multiples. Mais tous soulignent la valeur de ces expériences : apprendre à mieux se connaître, clarifier ses limites, rebondir avec plus de lucidité.

« Une aventure entrepreneuriale est aussi un outil de développement personnel »

À retenir

  • La reprise est une alternative crédible et stratégique à la création
  • Le succès repose sur une phase d’observation et d’écoute approfondie
  • La transformation doit être progressive et structurée
  • Le développement commercial nécessite méthode et discipline
  • Les difficultés font partie intégrante du parcours entrepreneurial.  

Vous souhaitez reprendre une entreprise mais vous ne savez pas par où commencer ?

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