Biens d'occasion : quelle TVA appliquer ?

Fiche pratique
INFOREG

Ne seront évoquées que les règles particulières applicables à la vente de biens d’occasion par des « assujettis-revendeurs » (assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée - TVA - qui achètent des biens d’occasion en vue de les revendre).

La vente de biens d'occasion par les "assujettis-utilisateurs  (assujettis qui revendent des biens qu'ils ont utilisés pour leur exploitation) est soumise aux règles de droit commun.
 
La vente de tels biens par des particuliers, quant à elle, n'est pas soumise à la TVA dès lors qu'elle ne constitue pas une activité commerciale.

Les biens d'occasion

Sont considérés comme biens d'occasion les biens meubles corporels susceptibles de remploi, en l'état ou après réparation, autres que des oeuvres d'art et des objets de collection ou d'antiquité et autres que des métaux précieux ou des pierres précieuses (article 98 A, I de l'annexe III au Code général des impôts - CGI).
 
Pour être qualifiés d'occasion, les biens doivent avoir fait l'objet d'une utilisation et susceptibles d'un remploi. 
 
Les biens peuvent avoir subi une réparation dès lors que celle-ci n'aboutit qu'à une simple remise en état.

Ainsi, n'est pas qualifié d'occasion le bien usagé qui a fait l'objet d'une transformation (modification des caractéristiques essentielles de l'objet initial) ou d'une véritable rénovation (lorsque la valeur des éléments utilisés pour la remise en état est supérieure à celle du bien usagé augmenté du coût de l'opération).
Remarque : les véhicules d'occasion répondent à une définition différente selon qu'il s'agit d'opérations internes ou d'échanges intracommunautaires.
Dans le cadre d'opérations internes, un véhicule est qualifié d'occasion dès lors qu'il a fait l'objet d'une utilisation et qu'il est susceptible de remploi. Dans le cadre des échanges intracommunautaires, les véhicules d'occasion sont ceux dont la livraison est effectuée plus de 6 mois après leur première mise en service et qui ont parcouru plus de 6.000 kilomètres.

L'assujetti-revendeur

L'assujetti-revendeur est un négociant qui, dans le cadre de son activité économique, acquiert ou affecte au stock de son entreprise des biens d'occasion en vue de les revendre.
Remarque : l'assujetti-revendeur se distingue de l'assujetti-utilisateur qui vend des biens qu'il a utilisés pour les besoins de son exploitation.
L'assujetti-utilisateur est en principe soumis aux règles de droit commun (c'est-à-dire application de la TVA sur le prix de vente total) dès lors qu'il a pu déduire la TVA lors de l'acquisition.

La TVA sur la marge

Champ d'application

En principe, le régime de la taxation sur la marge s'applique aux ventes par un assujetti-revendeur de biens d'occasion qui lui ont été livrés par :

  • un non-redevable de la TVA (particulier ou personne morale non assujettie à la TVA) ou ;
  • une personne qui n'est pas autorisée à facturer la TVA au titre de cette livraison (bénéficiaire de la franchise en base ou assujetti-revendeur ayant appliqué le régime de la TVA sur la marge).
Pour l'application du régime de la taxation sur la marge, le bien ne doit pas avoir ouvert droit à déduction lors de son acquisition par l'assujetti-revendeur.

Ainsi, les biens d'occasion ayant fait l'objet d'une acquisition intracommunautaire taxable n'ouvrent pas droit à ce régime.
Remarque : pour chaque livraison relevant en principe du régime de la marge, les assujettis-revendeurs peuvent, s'ils le souhaitent, appliquer le régime général de TVA. Cette option n'est soumise à aucune formalité particulière et s'effectue opération par opération.
L'option pour le régime général permet de bénéficier des dispositifs d'exonération relatifs aux livraisons intracommunautaires et aux exportations (voir nos fiches pratiques "Echanges intracommunautaires de biens : régime de TVA" et "Echanges de biens avec des pays hors Union Européenne : régime de TVA").

Taux de TVA

Le taux de TVA applicable aux biens d'occasion est celui auquel est soumis le même objet à l'état neuf (soit, en France métropolitaine, 20 % pour les biens relevant du taux normal, 10 % et 5,5 % pour ceux relevant du taux réduit).

Base d'imposition

La base d'imposition à la TVA des opérations bénéficiant du régime de la marge est constituée par la différence entre le prix de vente et le prix d'achat.


Pour déterminer cette marge, les assujettis-revendeurs ont le choix entre deux systèmes de calcul : le système du "coup par coup" et le système de la globalisation.

Système du "coup par coup"

En principe, le négociant en biens d'occasion indique à son client un prix toutes taxes comprises (TTC).

 

La marge taxable est constituée par la différence entre le prix de vente TTC et le prix d'achat (prix facturé à l'assujetti-revendeur).


Le résultat obtenu est alors une marge TTC qui doit être ramenée hors taxe (HT) par l'application du coefficient de conversion correspondant au taux applicable au bien vendu, soit :

  • 0,833 pour une TVA à 20 % (taux normal) ;
  • 0,909 pour une TVA à 10 % (taux réduit); 
  • 0,947 pour une TVA à 5,5 % (taux réduit).
 
Exemple : un assujetti-revendeur a acquis un véhicule d'occasion 5.000 € auprès d'un particulier. Il le revend 6.000 € TTC.
La marge est de :
6.000 – 5.000 = 1.000 € TTC. Soit 1.000 x 0,833 = 833 € HT.
La taxe due sera donc de :
833 x 20 % = 166,66 €.
 
Le système du "coup par coup" nécessite un calcul distinct pour chaque opération. Il est donc nécessaire de connaître le prix d'acquisition du bien.
 
Remarque : les frais financiers, les commissions et les frais engagés pour la remise en état par l'assujetti-revendeur lors de l'acquisition des biens d'occasion ne sont pas inclus dans le prix d'achat et ne peuvent donc pas venir en déduction de la base d'imposition.
 
Les acquéreurs de lots hétérogènes (produits dont la nature est indéterminée au moment de l'acquisition) doivent procéder à un tri afin de déterminer la nature des produits qu'ils revendent.
 
Ceux-ci peuvent être soit des matières de récupération destinées à entrer dans un nouveau circuit de fabrication, soit des articles d'occasion susceptibles de remploi.
 
Dans ce dernier cas, la base d'imposition est fixée à la moitié du prix de cession.
 
La solution est la même lorsque l'assujetti-revendeur vend des éléments susceptibles de remploi après la casse d'un matériel ancien ou accidenté (pièces détachées par exemple).

Système de la "globalisation"

Le système de la "globalisation" consiste à calculer, pour chaque mois, la différence entre le montant total TTC des ventes et le montant total TTC des achats de biens d'occasion réalisés au cours de la période considérée.
 
La marge globale obtenue est une marge TTC qui doit être ramenée à un montant hors taxe par application du coefficient de conversion approprié (se reporter au Système du "coup par coup").
 
Lorsqu'au cours d'une période considérée, le montant des achats dépasse celui des ventes, l'excédent est ajouté aux achats de la période suivante.
 
Afin d'être à même de déterminer leur marge de manière globale, les assujettis-revendeurs qui commercialisent des biens soumis à la TVA à des taux différents sont tenus de distinguer ces biens dans leur comptabilité en fonction du taux qui leur est applicable.
 
Remarque : lorsque la marge globale est négative, le négociant ne dispose d'aucun droit à restitution de la TVA au titre de la période en cause.
 
Le système de la globalisation nécessite une régularisation annuelle destinée à tenir compte des variations enregistrées dans la valeur des stocks au début et à la fin de chaque année.
 
Si, à la fin d'une année, cette valeur a diminué, la différence représente la valeur d'achat des marchandises vendues au cours de l'année écoulée.
 
Elle s'ajoute aux achats de l'année suivante et vient ainsi diminuer la marge imposable.
 
Si, à l'inverse, la valeur des stocks a augmenté, la différence représente la valeur d'achat des marchandises mises en stock au cours de l'année écoulée.
 
Elle vient alors réduire le montant des achats de l'année suivante, augmentant ainsi la marge imposable.

Facturation et comptabilisation

Les assujettis-revendeurs qui appliquent le régime de la marge (au coup par coup, globalement, de plein droit ou sur option) ne doivent pas faire apparaître la TVA sur leurs factures.
 
ils doivent en revanche y faire figurer les mentions suivantes :
  • "Régime particulier-biens d'occasion";
  • "Régime particulier- objets d'art";
  • "Régime particulier-objets de collection ou d'antiquité".
Les entreprises qui effectuent des opérations portant sur des biens d'occasion doivent comptabiliser distinctement par mode d'imposition les ventes qu'elles soumettent au régime de la marge de celles qu'elles soumettent au régime général.
 
Remarque : le montant de la TVA ne figurant pas sur les factures, les acquéreurs de biens d'occasion taxés sur la marge ne bénéficient d'aucun droit à déduction de la TVA incluse dans le prix d'acquisition.

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Mis à jour le 30/01/2019