L’accompagnement à l’éco-conception : l’exemple Gobilab

Accompagnement à l'éco-conception

Témoignage de Samuel Degrémont, co-fondateur de Gobilab, marque française de gourdes éco-conçues

Pour accompagner les entreprises dans leur transition écologique, la CCI Paris Île-de-France propose un accompagnement à l’éco-conception. Imaginé en deux phases complémentaires, celui-ci s’appuie sur l’expertise d’une agence spécialisée. Le fondateur de Gobilab, une marque de gourdes éco-conçues et 100% française, revient sur l’accompagnement de la CCI Ile-de-France et décrypte le processus d’éco-conception de ses gourdes. 

 

L’éco-conception est une approche qui consiste à intégrer la protection de l’environnement dès la conception d’un bien ou service, afin de réduire les impacts environnementaux des produits tout au long de leur cycle de vie. L’éco-conception se caractérise par la prise en considération de l’entièreté du cycle de vie de son produit ou service : de l’extraction des matières premières à sa fin de vie, en passant par son usage et son entretien. Pour Samuel Degrémont, « l’éco-conception vise à connaître et à minimiser l’impact d’un service ou d’un produit, avant même qu’il n’existe et d’avoir une source de connaissances infinie sur son produit. C’est un véritable gain de temps qui permet de se poser les bonnes questions en amont, ainsi qu’un atout pour le développement en termes de compétitivité et de ventes ».

Passer du « tout jetable » au réutilisable

Créée en 2010 par Samuel Degrémont et Florence Baitinger, l’entreprise Gobilab est partie d’un constat : celui de l’utilisation massive des produits jetables au sein des bureaux et de leur impact extrêmement négatif sur l’environnement. Au bureau, une personne consomme plus de 600 gobelets par an. Gobilab décide alors d’inventer des gourdes réutilisables pour les entreprises, les associations, les institutions et les collectivités qui souhaitent réduire l’usage du plastique et trouver des alternatives plus responsables. 

Gobilab va encore plus loin en proposant des produits ayant un impact positif sur l’environnement. Pour cela, l’entreprise, devenue Société à mission en 2023, a choisi d’éco-concevoir ses modèles de gourdes. Aujourd’hui, Gobilab propose des gourdes éco-conçues, fabriquées en France avec des matériaux recyclables, personnalisables et adaptées à tous les usages. 

Un accompagnement à l’éco-conception en deux phases

Pour proposer des gourdes éco-conçues, Gobilab s’est appuyée sur la CCI Paris Ile-de-France qui a elle-même fait appel à l’expertise d’une agence qui accompagne les entreprises dans l’éco-conception de leurs produits et services : la coopérative MU.

Après avoir été accompagnée une première fois en 2011 au moment de la création de ses premiers modèles, Gobilab a bénéficié d’un second accompagnement en 2019 lors de la sortie d’un nouveau modèle de gourde en verre. La CCI a alors accompagné le financement des phases d’études de faisabilité et d’industrialisation réalisées par la coopérative MU.

« L’accompagnement de la CCI Paris Ile-de-France permet d’accéder plus facilement à ces études qui ont un coût élevé, mais aussi de créer du lien avec les entreprises du territoire. », précise Samuel Degrémont

En effet, la subvention exceptionnelle de l’ADEME régionale permet aux entreprises de bénéficier d’une aide représentant 50 à 70 % du prix global de l’étude. Dominique Duret, conseiller en environnement et développement durable à la CCI Paris Ile-de-France, a accompagné Gobilab dans cette démarche : « Avec l’aide financière de l’ADEME Île-de-France, la CCI accompagne les entreprises vers le développement durable. Au niveau de l’éco-conception, l’accompagnement se déroule en deux phases complémentaires. ».

Phase 1 : l’étude de faisabilité 

L'étude de faisabilité permet d’aboutir à un cahier des charges et à une analyse de cycle de vie du produit ou service proposé par l’entreprise. Pour cela, le cabinet d’éco-conception sélectionné étudie les différents facteurs ayant un impact sur l’environnement (nature des matériaux utilisés, provenance, techniques de fabrication, configuration du produit, usage, élimination, etc.). Grâce à cette étude, il est possible de modéliser le produit en imaginant le meilleur compromis pour minimiser son impact.

« Cette première étape d’étude de faisabilité et d’analyse de cycle de vie est une étape complexe, où il est nécessaire d’être aidé d’outils méthodologiques spécifiques et de bases de données », explique Dominique Duret

« Qu’elle soit réalisée par l’entreprise elle-même avec le support d’un expert, ou par un cabinet de conseil, une évaluation environnementale est importante en amont de la démarche d’éco-conception pour identifier et prioriser les enjeux. Les résultats permettent de se concentrer sur l’essentiel et d’écarter les fausses bonnes idées », explique Anthony Boule de la coopérative Mu.

 

Phase 2 : l’étude d’industrialisation 

Lorsque l’option la plus optimisée en termes d’impact environnemental et de fabrication est trouvée, l’entreprise peut se lancer dans une seconde phase : l’étude d’industrialisation. Cette étape permet de connaître les meilleures solutions pour fabriquer le produit et le mettre sur le marché : choix des matières, des fournisseurs, des usines, etc. 

 « On observe de plus en plus de volonté d’éco-conception chez les petites entreprises dynamiques. C’est effectivement la bonne solution à adopter face au contexte actuel. Notre objectif est de faciliter son accès dans les petites entreprises », ajoute Dominique Duret

« Rares sont les programmes qui permettent d’accompagner la mise en œuvre des actions d’éco-conception identifiées, alors que de nombreux arbitrages pouvant avoir une influence forte sur les résultats sont nécessaires tout au long de la conception, du prototypage, de l’industrialisation et de la commercialisation du produit », précise Anthony Boule.

Eco-conception et indicateurs

Pour Gobilab, la mesure de l’impact s’effectue par comparaison à une référence : en calculant la consommation d’eau hors foyer par utilisateur moyen en France et en Europe (bouteilles, gobelets, canettes, etc.) et son impact en ressources naturelles, la coopérative MU a pu définir un coût environnemental moyen et son équivalent en CO2. Partant de cette base, les premiers modèles 3D de gourdes ont pu être envoyés aux éco-concepteurs : « Nous avons dû faire des choix. Par exemple, nous nous sommes rendus compte qu’une gourde de 400 ml (au lieu des 500 ml habituels), ne changeait pas énormément en termes d’usages en entreprise, mais nous permettait un gain de consommation de matière, et donc d’impact carbone, non négligeable. » explique Samuel Degrémont.

L’éco-conception permet également de mieux connaître son produit et de pouvoir communiquer sur son impact de manière précise. Sur son site, Gobilab présente à ses clients le nombre de mois nécessaires pour compenser l’impact de la fabrication du produit. Ainsi, le consommateur peut choisir en toute transparence le produit le plus adapté à ses besoins. 

Pour aller encore plus loin dans son engagement, l’entreprise veille à son impact social et travaille avec des ESAT et des chantiers d’insertion. Depuis 2010, Gobilab accompagne des milliers d’organisations pour les aider à supprimer les bouteilles et gobelets jetables dans leurs bureaux. Désormais, elle ambitionne d’élargir sa gamme de produits pour continuer d’aider les entreprises à transformer leurs usages.


Samuel Degrémont, cofondateur et directeur général de Gobilab, PME spécialisée dans les alternatives au jetable.
Samuel a cofondé Gobilab en 2010 dans le but de proposer des alternatives aux solutions jetables au bureau : gobelets, petites bouteilles d'eau, couverts en bambou ou plastique. Gobilab propose des gourdes et couverts en inox éco-conçus et fabriqués intégralement en France.

 

 

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