Bulletin de santé des entreprises en France et en Île-de-France

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Les chiffres de l'Observatoire consulaire des entreprises en difficulté (OCED) établis au 1er janvier 2021 en France et en Île-de-France

 

« Un nombre de défaillances au plus bas niveau mais de plus en plus de restructurations préventives... ! »

Le nombre des ouvertures de procédures dévisse tant au plan national (- 36 %, en glissement annuel au 1er janvier 2021) qu’en Île-de-France (- 35 % en glissement annuel au 1er janvier 2021).
Cette baisse en trompe l'oeil s’explique en partie par les dispositifs d'aides aux entreprises et par la diminution des assignations. Elle devrait probablement s’inverser dès l’arrêt des mesures de soutien.

Plus précisément :

  • Au plan national, les ouvertures de procédures se situent à 49 % en dessous de leur niveau de 1993 et 48 % sous celui de 2009. Elles sont en dessous de leur niveau le plus faible de 2001. 
  • En Île-de-France, traduisant la spécificité de la région, ces ouvertures s'établissent à près de 55 % en dessous du pic historique de 1993 ; elles sont aussi largement inférieures au palier atteint en 2009 (de 42 points).  

 

Évolution des défaillances en France et en Île-de-France depuis janvier 1998

(Sur 12 mois glissants, Base 100 : décembre 1993)

D’un point de vue général, du fait des périodes de confinement et des aides gouvernementales, on constate en Île-de-France une baisse très importante des ouvertures des procédures judiciaires.
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte de crise sanitaire mondiale de longue durée, accompagnée de fortes incertitudes et imprévisibilités sur l’ensemble du territoire français et plus particulièrement dans les zones de circulation active du virus.
Facteurs défavorables :
 aggravation du déficit public ; contraction historique du PIB ; dégradation de la fréquentation touristique ; détérioration du climat conjoncturel du commerce de gros ; augmentation des coûts de production ; hausse du prix du pétrole ; repli des volumes de ventes dans le commerce ; chute de la consommation et de la confiance des ménages; nette dégradation des perspectives du marché du travail ; forte hausse de la crainte des ménages sur la situation économique future ; hausse du chômage …
Mais, quelques éléments positifs : légère hausse des créations d’entreprises ; croissance de la production manufacturière ; rebond du climat des affaires en France ; relance de l’emploi salarié dans le secteur privé et public ; diminution des demandes d’intervention de l’AGS en lien avec la baisse du nombre de défaillances ; maintien du taux de cotisation de l’AGS à 0,15%...

Évolution du nombre des ouvertures de procédures collectives en Île-de-France depuis janvier 2011

(Sur 12 mois glissants, Base 100 : décembre 1993)

Focus sur l’impact social - Hausse du nombre d’emplois concernés dans les procédures de traitement des difficultés mais plus particulièrement pour les entreprises qui font l’objet d’une procédure amiable (mandat ad hoc, conciliation).

-  Le nombre de salariés ayant perdu immédiatement leur emploi du fait de la liquidation judiciaire est en légère baisse en lien avec la baisse du nombre de procédures (- 3 %) ;
- Les effectifs salariés susceptibles d'être préservés dans les entreprises en sauvegarde ou en redressement judiciaire sont en forte hausse (+ 52 %). Ils sont 2,1 fois plus nombreux que fin 2008 (date d'entrée dans la crise) ;
- Pour les entreprises en procédure amiable (mandat ad hoc et conciliation), le nombre des emplois concernés continue de bondir (+ 206 %). Avant même l'envolée du nombre de procédures, ce nombre est près de 4,4 fois supérieur à celui enregistré fin 2008.

 

Bulletin de santé mensuel des entreprises en France et en Île-de-France au 1er janvier 2021 (pdf - 687 Ko)

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